Le lycée Julien Wittmer à la découverte de l’Italie du nord

Les Arènes de Vérone

Quarante-cinq élèves de Seconde, Première et Terminale, générales ou technologiques, latinistes et /ou hellénistes, ont séjourné en Italie du Nord du 29 mars  au 3 avril. Ils ont découvert Turin, Milan, Vérone et la région du lac de Garde.

Le programme pédagogique pluridisciplinaire associait les langues et cultures de l’Antiquité, l’histoire-géographie et les sciences de la Vie et de la Terre mais aussi la philosophie et  les arts majeurs. Les élèves ont été encadrés par  leurs professeurs de LCA et HLP, Madame Vassas, d’histoire-géographie, Monsieur Biju-Duval et de SVT, Monsieur Bozon. Ils ont profité avec enthousiasme, dans un rapport vivant aux savoirs, d’un voyage dont la richesse et la diversité ont cherché à promouvoir comme facteur de réussite scolaire les valeurs humanistes du partage et de la culture. Ils remercient les services de direction du lycée d’avoir permis la réalisation du projet, la Maison des lycéens et  l’Association des anciens élèves du lycée du soutien financier qui leur a été apporté.

Quelques photographies et commentaires d’élèves, au jour le jour, de site en site

« Au cœur du Musée national du cinéma de Turin, l'image nous est apparue comme une langue silencieuse, capable de toucher sans mots. Lumières et ombres s'entrelaçaient pour faire naître des émotions, comme autant de  fenêtres ouvertes sur l'imaginaire. Comme l'a dit Marcel Pagnol " Le cinéma, c’est l'écriture moderne dont l'encre est la lumière" »

« La porte Palatine, l’un des monuments les plus anciens et emblématiques de Turin, l’une des portes romaines les plus remarquablement conservées au monde, classée au patrimoine mondial de l’Unesco, constituait l'entrée nord de la cité antique ouvrant sur le « cardo maximus ». L’édifice témoigne de la maîtrise architecturale des Romains.

Devinette : Je suis une invention romaine. On m’utilise en maçonnerie. Je nais d’un astucieux mélange.

Qui suis-je et quels sont mes ingrédients ? 

La réponse est à découvrir à la fin du document

« A la Cathédrale Saint Jean Baptiste de Turin nous avons découvert le Saint Suaire et son  mystère où se rencontrent et se confrontent  la foi chrétienne  et la rigueur de l’expérience scientifique dans un dialogue fascinant et inachevé entre croire et comprendre. L’énigme demeure à suivre…

«  Nous avons profité de notre quartier libre à Turin pour visiter en autonomie  le Palazzo Reale, classé au patrimoine mondial de l’Unesco. Les dorures captent le regard, les soieries et velours donnent envie d’être effleurés, les couleurs enveloppent, les fresques transportent en un ailleurs merveilleux : la somptuosité des lieux fait naître un plaisir immédiat, sensoriel, qui n’a nul besoin dans son immédiateté  d’être commenté, analysé, interprété. »

« Au théâtre de la Scala à Milan, dès la montée des escaliers jusqu’à l’intimité feutrée des loges, nous fûmes, dans un temps suspendu, envoutés par la magie rouge et or des soirées d’opéra. »

« La Galerie Vittorio Emanuele II   offre une mise en scène du raffinement milanais et une expérience culturelle, presque muséale, du luxe, qui nous ont permis de «  rêver grand » d’autant plus  si nous avons sacrifié au rituel des lieux censé porter chance et attirer la prospérité, en tournant trois fois sur nous-mêmes,  le talon du pied droit posé sur les parties intimes d’un  taureau, motif d’une mosaïque centrale. » 

 « La beauté peut toucher les Hommes en plein cœur et leur faire ressentir des émotions si intenses qu'ils peuvent percevoir l’existence d’une force qui leur est supérieure. On peut ressentir cela devant l'immensité baroque et sublime du Duomo de Milan. » 

« Les colonnes corinthiennes de San Lorenzo  sont  quasi les uniques vestiges antiques de Milan. Selon Vitruve, architecte romain du 1er siècle,  le sculpteur  grec Callimaque, à la fin du Ve siècle av. J.-C., découvrit sur la tombe  d'un enfant, une plante d'acanthe enroulée autour d'un petit panier d'offrandes funéraires. Le souvenir de cette image lui aurait inspiré les formes ornementales du chapiteau caractéristique de l'architecture corinthienne : un petit panier sculpté, de l'intérieur duquel sortent des feuilles d'acanthe sur trois rangs superposés. La feuille d’acanthe comme motif de sculpture a traversé les âges de l’antiquité grecque jusqu’à nous. »

« Au Musée National des Sciences et Techniques Léonard de Vinci à Milan nous a interpellées ce mannequin grandeur nature composé d’objets manufacturés hétéroclites témoignant de façon allégorique du génie créateur de l’homme cherchant dans un processus continu et dans un besoin fondamental  à repousser les limites techniques, quitte parfois à risquer l’hybris,  notamment en matière environnementale. »

« La chapelle ossuaire de San Martino della Battaglia, notamment  sa cranothèque  de 1274 têtes de morts,  impressionne, choque, émeut mais aussi contraint  à une réflexion philosophique, à la croisée de l’histoire, de la guerre,  de la mort et finalement de la condition humaine. Le «  carpe diem » perd toute légèreté et devient une exigence grave, celle de vivre chaque instant pleinement non comme un plaisir à saisir, mais comme une possibilité fragile, toujours menacée, à laquelle il faut donner sens avant qu’elle ne disparaisse. »

« La découverte en bordure du lac de Garde du site archéologique des  Grottes de Catulle, imposants vestiges d’une villa romaine, nous a donné une idée précise de la maîtrise de l’architecture au 1er siècle et du mode de vie fastueux et dispendieux des riches Romains. Le panorama exceptionnel sur le lac, la plénitude qui régnait, les étendues d’oliviers centenaires brillant sous le soleil  font partie des images qui ont marqué chacun d’entre nous, enclins à la contemplation de la beauté ».

« J’ai personnellement adoré la visite du site de Bolca « Capitale mondiale des fossiles » et classé en paléontologie  comme « Lagerstätte » c’est-à-dire un gisement fossilifère où la conservation des organismes  est si parfaite qu'elle confine à l'art. La passion de notre guide, paléontologue, nous a  emportés. L’accès, nos têtes casquées,  aux grottes d’extraction et particulièrement la recherche active de fossiles, sous encadrement, que nous avons eu le privilège de pouvoir effectuer, furent une expérience inédite pour tous. Souhaitant devenir paléontologue, la visite a pleinement conforté mon ambition. »

«  Que l’on puisse avoir répertorié des fossiles de 250 espèces de poissons, d’un crocodile même,  en  un lieu d’Italie aujourd’hui éloigné de la mer relève pour moi de l’extra-ordinaire. »

« Le théâtre antique de Vérone adossé à la colline, en bordure de l’Adige et face à  la cité n’est pas seulement une ruine puisque les voix des acteurs y résonnent encore lors de spectacles théâtraux poursuivant ainsi  depuis deux millénaires, dans une forme singulière de mémoire,  une tradition littéraire et artistique qui fait du théâtre  l’une des formes d’expression de l’expérience humaine les plus constantes et les plus universelles. »

« Traverser  l’Adige par le Ponte pietra, construit au 1er siècle avant J.C,  ce n’est pas seulement marcher sur un pont antique, c’est éprouver une continuité presque vertigineuse de l’acte de marcher  où le pas le plus ordinaire épouse la marche de l’histoire et nous relie à  tant d’existences depuis deux millénaires. C’est une expérience corporelle de l’histoire. »

« La Loggia del Consiglio  sur la Piazza dei Signori est un édifice solennel  de la Renaissance. Les statues qui le surmontent célèbrent l’héritage culturel antique de la cité de Vérone. Nous avons particulièrement retenu  le nom de Vitruve, architecte du 1er siècle avant J.C., qui a fait valoir trois règles fondamentales en expression architecturale, la « firmitas » (la pérennité), l’ « utilitas » (l’utilité) et la « venustas » (l’harmonie des proportions) régie par le nombre d’or. »  

« Sur la Piazza delle Erbe,  héritage du forum antique, sous la garde du dieu Mercure, dieu du commerce dont la  statue domine le Palazzo Maffei,  nous avons fait notre marché à l’instar des Romains, en ces mêmes lieux, sous ce même soleil,  il y a 2000 ans. »

« Assurément les Arènes de Vérone frappent tout d’abord  par leur beauté et leur prouesse architecturales mais aussi particulièrement  par leur pouvoir suggestif. En se concentrant quelques minutes, sous un grand soleil, notre imaginaire nous a transportés au 1er siècle et de la loge impériale,  pour notre plus grand divertissement, nous avons été captés, au cœur de l’arène inondée, par une naumachie spectaculaire ! »

En  conclusion de notre périple nous dirions tout d’abord que si, comme le disait Gustave Nadaud, poète du XIXème siècle, « voyager, c’est vivre », nous avons alors vécu pleinement. Ensuite en suivant Stendhal qui pensait que  « la beauté n’est rien d’autre qu’une promesse de bonheur », nous ne pourrons  assurément qu’être heureux pour bien longtemps. Enfin plus simplement l’expérience culturelle et pédagogique a nourri chez nous une motivation encore  plus forte pour nous enrichir et apprendre.

Réponse à la devinette

Je suis l’ « opus caementicium » : le béton romain,  une technique  mélangeant la chaux, le sable, l’eau  et de la poudre de pouzzolane.