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Les lycéens face à l’Histoire de la Seconde Guerre mondiale

Mme MINIAU présente le sujet de son intervention, Angèle LAMANTHE et Joseph FIMBEL, résistants de Poisson

Le mercredi 3 octobre, en partenariat avec le cinéma le Tivoli, les lycéens des classes de Premières et de Terminales sont allés voir le film du réalisateur hongrois László NEMES, « Le Fils de Saül ». Grand Prix du Jury du Festival de Cannes, ce film présente le rôle des Sonderkommandos, prisonniers juifs chargés du fonctionnement du camp d’extermination d’Auschwitz-Birkenau. Sans montrer directement la violence du camp, le film permet de comprendre le processus de déshumanisation et d’extermination de la Shoah. Ce film a fait l’objet d’une présentation préalable et d’une discussion avec les élèves dans le cadre des programmes d’Histoire et d’EMC.

Le 16 octobre, les 46 élèves inscrits au voyage d’étude « Mémoire de la Shoah en Europe » ont accueilli Jacqueline MINIAU, venue leur présenter le parcours de sa mère, Angèle LAMANTHE, résistante de Poisson.

Née dans le Charolais en 1918, Angèle LAMANTHE a grandi dans une ferme de Poisson puis s’est installée à Paray-le-Monial où elle travaille avec son époux. Lorsque ce dernier est mobilisé, Angèle retourne vivre à Poisson, au village de la Bruyère avec sa petite fille Jacqueline. Elle entre alors en Résistance aux côtés de Joseph FIMBEL, Alsacien installé dans les environs d’Anzy-le-Duc.

Angèle a une bonne connaissance de la région, et surtout de ses chemins, ce qui en fait un agent de liaison efficace, disposant d’une bonne couverture pour passer la ligne de démarcation entre Poisson et Paray, où elle continue de travailler. Elle passe essentiellement des documents et des armes entre les deux zones.

Le 5 juin 1944, la veille du Débarquement de Normandie, la Feldgendarmerie de Paray-le-Monial, dirigée par OTTO, encercle la petite maison de la Bruyère où se cachait FIMBEL, qui parvient à tuer trois soldats, dont le commandant, avant de se suicider.

Ensuite, les soldats se rendent aux Nicolins où Angèle et Lina, la femme de Joseph, et leurs enfants étaient réfugiés. La cache a été dénoncée. Devant leurs enfants, les deux femmes sont mises en joue, dans un simulacre d’exécution pour les faire parler, avant d’être emmenées à Paray-le-Monial. Jacqueline MINAU se souvient parfaitement de cette nuit, où, à l’âge de 5 ans elle a vu partir sa maman. Elle se rappelle encore les traits du soldat qui montait la garde.

Angèle et Lina sont ensuite envoyées à Châlon pour être questionnées sous la torture puis déportées à Ravensbrück. Restant ensemble, c’est probablement la solidarité qui les a sauvées. Libérées par les Russes puis remises aux Américains, elles reviennent dans le Charolais après la guerre. Angèle LAMANTHE est décédée en 2010.

L’uniforme de déportée et les médailles d’Angèle LAMANTHE

En 2014, grâce à 3 collégiennes de Montchanin, Mme MINIAU a pu entrer en contact avec le fils du soldat américain qui avait sauvé sa mère en 1945.

L’intervention de Mme MINIAU s’est terminée par les questions des élèves qui ont pu échanger avec elle en petits groupes.

Cette matinée, forte en émotion, a permis à nos élèves d’avancer dans la connaissance de cette période et de mettre des visages sur l’Histoire de la Seconde Guerre mondiale.

Le 4 novembre, ils partiront, via Prague et Cracovie, en direction du camp d’Auschwitz. Jacqueline MINIAU, représentante de la FNDIRP Paray-le-Monial, a remis aux enseignants un chèque de 50 euros, pour contribuer au financement de voyage, en plus des 50 euros remis par la section de Tournus et des 500 euros remis par la fédération départementale dirigée par Mme Anita BAUDOIN.

Les élèves et leurs enseignants leur adressent leurs plus sincères remerciements.

Article rédigé par M MOREL et Mme MARTIN
(avec la participation d’Arnaud PEGON TES1)